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Puisqu'il y faut retourner

Cela fait combien d'années que j'ai commencé à bloguer ? Dix peut-être ? 

Et puis la lassitude a pris le dessus, le manque de temps aussi. Et puis il y a eu tant de choses. Etre un blogueur de gouvernement, voir le bordel se généraliser et se sentir incapable de gérer les frustrations, les buzz et les excès en tout genre, ça calme le plus vieux des militants.

La pratique blog est devenue plus folle. Ça commence par les vrais amis de la vraie gauche qui te juge parce que tu es militant du parti au pouvoir. Ensuite tu deviens renégat quand tu refuse de suivre la folie mélenchoniste ou hamoniste. Alors tu fais le gros dos. Tu te caches progressivement dans les réseaux sociaux. Tu troques petit à petit les articles de Libération pour des photos de ton chien dormant sur le canapé.

Dix ans déjà qu'on foutait sur la gueule de Sarkozy et consorts, la bande de rapace dont le crash industriel Fillon a fini de nous débarrasser. On a tout fait à l'époque : les gros titres, les petits raccourcis et les billets plus ou moins talentueux. La bande du gros régnait en maître sur le réseau. J'en étais.

Aujourd'hui mon vrai nom n’apparaît plus. J'ai décidé de m'effacer. 

Maintenant j'ai envie de me foutre de la gueule des cons savants qui ne voient le monde qu'en mode binaire. J'ai envie de bières, de belles pépètes et de belles rencontres.


Commentaires

  1. Réponses
    1. C'était l'autre avant qu'il ne se mette à faire du vélo

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  2. « Tu troques petit à petit les articles de Libération pour des photos de ton chien dormant sur le canapé. »

    Ça, c'est une preuve d'authentique et féconde sagesse. Je ne vous connais pas (ou alors je ne suis pas assez malin pour deviner qui vous êtes, ce qui est loin d'être exclu), mais je vous reconnais illico comme un frère.

    (De cette fraternité dont je vous bombarde, n'allez surtout pas vous vanter : ce serait une forme de suicide moral et bloguesque…)

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    Réponses
    1. Cher Didier,

      J'avais un blog de gôche !
      Ayant marché à la dernière élection, je me vois frappé d'une ex-communion par des gens avec qui j'ai de moins en moins envie de perdre du temps.

      Merci pour ce passage.

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    2. Je compatis grandement à votre ex-communion, bien que ne pouvant me rendre exactement compte de l'effet qu'elle peut produire sur un individu, n'ayant jamais été autorisé à m'approcher à moins de mille pas du saint autel…

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